Part I : Différente
Et les gens tombent un à un, en tête-à-tête. Et elle, elle n’en fera qu’à la sienne, de tête… Sarah vient tout juste de fêter ses seize ans. Elle a des yeux remplis d’étoiles qu’on étale, des rêves sans début ni fin, sans rien finalement, juste avec cette petite lueur, cette furieuse envie d’y croire. Au lycée, tous les autres la regardent avec moquerie, avec envie aussi. Car elle n’est pas comme les autres, elle ne veut pas de cette vie tout écrite, toute tracée. Elle veut des sourires sur son passage, un peu comme pour lui rendre hommage, à celle qu’on a voulu enterrer pas assez belle. Pas assez superficielle. Pas assez cruelle.
Et il y a cette fille, qui est la reine des caprices, parents aux bijoux cliquant, et des amis à n’en plus finir les pages de son histoire… Et il y a ce garçon, brun et ténébreux, et qui lui aussi les fuit tous du regard, avant qu’il ne soit trop tard… Et il s’approche d’elle, et, doucement, elle s’approche de lui,
Vers ce lac, endormi,
Sous la neige, infinie.
Elle le croisera dans les senteurs de la rosée de ce matin-là. Ils ne se parleront pas. Trop jeunes, trop timides pour comprendre les subterfuges de la vie. Alors ils s’en iront, chacun de leur côté, des ailes dans le dos, des ailes pour apprivoiser les fantômes de ces nouvelles nuits.
Et la voilà désormais mise à nu, dans les larmes de son lit, sans ombrage, sans parade autre que la ronde éternelle du petit écran, la sève se perdant dans sa nouvelle réalité…Elle leur montrera, oui elle leur montrera à tous que les rêves sont faits pour êtres réalisés. Non aseptisés.
Volupté à jamais pardonnée.
Hécatombes d’autres mondes.
Part I : Différente
Du maquillage sur ta joue
Ton ultime dégoût
Ton premier rendez-vous
Qui coule
S’accumule
Dans tes veines
Dans ta haine.
Mais les fous
Les fantômes,
Se sont enfermés
Dans leur triste réalité
Leur sordide société
Comme un rêve
Qu’on brise
Qu’on ridiculise
Parce que tu es absente
Différente
Héroïne de nos romans
Le cœur en pleurs
De leurs méprises.
Et tu subies
Tu supplies
Les yeux dans les étoiles
Perdue,
Assoiffée,
Il te semble que dans le futur
Juliette sera sans Roméo ;
La pluie,
Mouille,
Se confond
Se répand
Se régénère à ta peau
Aux petites morts de tes sanglots
Aux frissons de leurs complots
Oh, et dans ton monde on les voit
Ces paillettes dans tes cheveux
Glissant sur le vernis de ton agonie
Non, ne les écoute plus
Tu verras, au paradis, tout est encore permis.